SVE - L'Europe au pied de la Haute-Loire

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Festival Artika

Cela fait un moment que je n'ai pas écrit, vous m'en voyez bien désolée ! J'étais pourtant persuadée de vous avoir parlé du super projet que nous avons mis en place les 18 et 19 septembre, sur la jolie promenade de Karlovac. Mais force est de constater que ça a dû m'échapper... Mais mieux vaut tard que jamais, comme on dit !

 

 

Ce festival n'en est pas à sa première édition, puisqu'il a été lancé par Carpe Diem en 2006. L'idée était alors d'occuper des espaces vides et abandonnés, très nombreux dans cette ville meurtrie, en invitant des artistes à créer, exposer différentes formes d'arts, de la danse, à la peinture en passant par la musique et la poterie. Il a bien marché un moment, puis a malheureusement dû être interrompu. Cette année marque donc sa renaissance en quelque sorte et je suis extrêmement heureuse d'avoir pu faire partie de l'organisation. Nous avions un budget serré et avons donc décidé de nous concentrer sur un thème, zvuk ou le son et de tenir l'événement sur deux jours seulement. Le programme n'en était pas moins chargé et varié, offrant une belle palette d'activités artistiques pour petits et grands :)

 

                                                

 

 

 

Par un hasard que je ne m'explique pas vraiment et qui amusera beaucoup quiconque me connaît, je me suis retrouvée en charge d'animer des ateliers musicaux pour certains enfants des écoles locales. L'idée était simple : fabriquer des instruments avec des objets de tous les jours, de la récupération. Par exemple, une animation qui a beaucoup plu consistait à recréer le son du hautbois - plus ou moins - avec une paille et une simple feuille en papier. Une petite expérience, dans laquelle on attache de la ficelle à un cintre métallique, plaque le fil contre nos oreilles et fait résonner le cintre contre différentes surfaces - table, porte - pour entendre des sons de cloche, fut également un franc succès. Ce fut une journée assez intense, les classes s'enchaînant à un rythme soutenu et la concentration se devant d'être optimale, considérant qu'une bande d'enfants joyeux étaient armés de ciseaux. Mais tout s'est très bien passé, avec l'aide de volontaires croates pour la communication, quoique certains de ces gamins avaient un anglais à faire pâlir les bacheliers français !

 

 

 

 

 

 

Pendant que je découpais des pailles en plastique, réaffirmant la promesse faite à moi-même de ne jamais devenir enseignante, les autres volontaires étaient affairés le long de la rue Promenada. Ma colocataire Dovi était en charge de mettre en place l'exposition de photographies, qu'elle avait préalablement sélectionnées parmi près d'une centaine de propositions, venant des quatre coins du monde. D'autres étaient occupés à découper, peindre et accrocher des notes de musique en carton, décorant les arbres aux couleurs timidement automnales le long de cette rue animée. Les gens ont donc pu apprécier leur travail tout le weekend, depuis les nombreuses terrasses bondées, sous le soleil, qui était heureusement de la partie pour la majeure partie du festival.

 

Un atelier de raku était également mis en place. Cette technique de poterie impressionnante exige que l'argile sculptée soit peinte avec une peinture spéciale, chauffée à très haute température, puis lâchée dans de la sciure avant d'être nettoyée, ce qui lui donne une couleur spécifique. Je n'avais jamais entendu parler de cette méthode et je dois dire que les résultats sont plutôt sympas !

 

 

 

     

 

 

    

 

Le programme de la soirée n'était pas en reste, commençant par un quiz musical sur la terrasse d'un café-bar local. L'endroit est très agréable et avec les lumières et la décoration, cela créait une ambiance des plus chaleureuses. Je n'avais nullement l'intention de participer, n'étant pas particulièrement calée en musique ou en croate mais il s'avère qu'une équipe, qui comprenait bien sûr deux connaissances, avait besoin d'un membre supplémentaire et je me suis naturellement laissée entraîner. Nous avons noblement perdu mais ne nous sommes pas moins amusés et c'est ce qui compte après tout ! 

 

L'heure était ensuite venu de visionner le curieux documentaire Imagine waking up tomorrow and all music has disappeared de Stefan Schwietert. Il suit le parcours de Bill Drummond, une ancienne star de l'électro britannique, qui décide de monter un projet de chorale mondiale un peu fou, appelée The17. Je ne vous en dit pas plus, mais c'est un film intéressant sur la place de la musique dans notre société, notre rapport au chant et nos conceptions variées sur le sujet. 

 

Enfin, la première silent party de Karlovac fut également organisée durant le festival, au même endroit. C'est un concept étrange, où l'on donne un casque aux fêtards, reliés à différents canaux. Suivant la couleur qui illumine leur tête, ils écoutent l'un ou l'autre des deux DJ proposés. Il est assez bizarre de voir les autres danser quand on ne porte pas encore son casque, il y a un petit côté surréaliste à la chose. Mais c'est plutôt intéressant et je me suis bien amusée, même si je n'irais pas à ce genre d'événements tous les weekends, d'autant que c'est une idée associée au milieu de la musique électronique, ce qui n'est pas exactement ma tasse de thé.

 


 

Pour le deuxième jour, j'étais chargée de l'organisation de 1010 ways to buy without money, un concept venu d'une association espagnole. L'idée est que les choses ne sont pas gratuites, mais que l'on peut les acheter sans argent. Aussi, après avoir récolté plus d'une cinquantaine de livres et les avoir soigneusement répertoriés - tuant tout reste de mes rêveries enfantines d'être un jour bibliothécaire - nous les avons proposés aux passants. Mais pour les obtenir, il fallait remplir une mission, imaginée par le donateur. L'idée est de confier des tâches positives, comme faire un câlin à sa maman, faire du volontariat à la Croix Rouge, préparer un repas pour son voisin... Ce fut un succès, beaucoup des livres ont été "achetés" et les gens semblaient plutôt réceptifs. 

 

  



 

Sur le reste de la promenade, des musiciens de toute sorte étaient venus divertir les gens aux terrasses. Des élèves de l'école de musique proposaient de petites performances un peu partout, un orchestre local était situé face au café le plus populaire de la ville et tout cela sous un doux soleil de fin d'été. L'ambiance était très plaisante, détendue, même si je n'ai pu pleinement en profiter depuis mon poste.

 

 

 

 

 

 

Pour clôturer l'événement, deux concerts très différents ont eu lieu à chaque extrémité de la rue. D'un côté, Full Monty proposait des reprises des standards du rock, dans une ambiance conviviale, mais aussi dans la crainte de la pluie annoncée et qui s'était déjà manifestée, comme un mauvais présage. Fort heureusement, ils ont pu terminer leur performance avant que le ciel se fende pour de bon. Nous nous sommes ensuite réfugiés à l'intérieur du second bar, où un groupe jazzy appelé Valerija Nikolovska Trio, offrait une ambiance très différente, suave et délicate. C'était tout aussi agréable et ces deux excellents moments de musique étaient la parfaite façon de finir le festival sur une bonne note !

 

Je suis très satisfaite de la tournure de la programmation, la fréquentation était bonne, le soleil au rendez-vous et j'espère sincèrement que de nouvelles éditions seront possibles. Qui sait, peut-être seront-elles encore plus grandes et plus belles que celle-ci ! Néanmoins, ce qui m'a en partie plu dans ce festival, c'est justement le côté intimiste, convivial et un peu DIY de la chose. Ce n'est pas une grosse machine, c'est un événement qui célèbre la ville, sa scène culturelle variée et, tout simplement, l'art et la créativité de chacun et c'est ce qui fait son charme.



19/10/2015
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